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Rapport du Conference Board du Canada sur la gestion de l’offre :
Un long texte d’opinion, pas une étude sérieuse
Longueuil, le 23 novembre 2009 - La Fédération des producteurs de lait du Québec dénonce le
biais idéologique favorable à la déréglementation qui sous-tend le rapport sur la gestion de l’offre
produit par le Conference Board. Non seulement ce document n’apporte aucune information
nouvelle, mais les analyses sur lesquelles l’organisme appuie ses opinions sont tendancieuses et
démagogiques. Il passe sous silence le fait que, partout dans le monde, les producteurs laitiers
traversent une crise sans précédent. Une crise qui fournit des exemples nombreux et éloquents
voulant que la déréglementation du prix à la ferme affecte les producteurs, mais ne profite pas aux
consommateurs.
En Australie, par exemple, le prix aux producteurs a chuté de 35 % après la déréglementation de
2000 et le prix au détail d’un litre de lait a augmenté de 37 % de 2000 à 2009. Selon les données
les plus récentes de l’Australian Bureau of Statistics (ABS), le prix d’un litre de lait en Australie est
5 ¢ plus cher qu’au Québec. Les consommateurs australiens n’ont donc rien gagné de la baisse de
revenu des producteurs : les intermédiaires l’ont empochée.
En fait, de1998 à 2008, l’indice du prix des produits laitiers a augmenté de 53 % en Australie, de
39,8 % aux États-Unis et de 36,2 % au Canada. Tout compte fait, la gestion de l’offre stabilise les
prix aux consommateurs et permet aux producteurs canadiens de vivre du marché, sans
subvention.
La gestion de l’offre n’a pas empêché le Canada de négocier des ententes commerciales
bilatérales ou multilatérales avantageuses pour ses secteurs exportateurs. Le Conference Board
prétend toutefois que le secteur laitier manque des opportunités sur les marchés d’exportation. Le
marché mondial des produits laitiers est un marché marginal où les prix sont extrêmement volatils.
Les pays où le prix à la ferme fluctue en fonction de ce marché traversent actuellement une crise
sans précédent. C’est le cas en Europe et aux États-Unis, où les gouvernements doivent
subventionner les producteurs laitiers à coup de milliards pour les tenir à flot. Les producteurs
laitiers canadiens n’ont aucun regret de manquer de telles opportunités.
Quant aux transformateurs laitiers canadiens, il est ridicule de prétendre qu’ils sont victimes du
système de gestion de l’offre. Parmalat, Saputo et Agropur transforment 80 % du lait au Québec et
70 % du lait au Canada. Les résultats de Parmalat Canada ne sont pas publics, mais rappelons
que la multinationale a dû fermer des filiales ailleurs dans le monde et qu’au Canada ses activités
sont rentables. Pour ce qui est des deux autres, Saputo et Agropur, année après année, ils
déclarent des profits importants pour leurs activités canadiennes. Dans le cas de Saputo, qui est
maintenant une multinationale, ses résultats au Canada sont meilleurs la plupart du temps que ses
résultats dans ses filiales américaines, européennes et sud-américaines.
Le Conference Board affirme que l’industrie laitière canadienne néglige des défis à long terme en
se concentrant sur la réglementation du secteur, par exemple celui de la diminution de la
consommation du lait par habitant. Les données les plus récentes de la Fédération internationale
de laiterie (FIL) indiquent plutôt une hausse de 3 % de la consommation au Canada de 1998 à
2007, alors qu’elle a chuté de 8 % pour la même période aux États-Unis et de 14 % en NouvelleZélande,
pays où le secteur laitier est pourtant déréglementé. Notre industrie n’a rien à envier aux
autres pays côté innovation. On a qu’à penser au développement du secteur des fromages fins et
artisanaux au Québec, ainsi qu’à la forte progression de la demande des yogourts.
Il est déplorable que le Conference Board décide de critiquer la gestion de l’offre, au moment où
ses mérites sont de plus en plus reconnus ailleurs dans le monde, dans le contexte des crises
alimentaires et agricoles. C’est le cas, notamment, des représentants des 450 organisations de
paysans et d’ONG, qui participaient au forum de la société civile en parallèle au Sommet de la FAO
sur la Sécurité alimentaire à la mi-novembre. Dans leur déclaration finale, ils affirment que : « Les
gouvernements doivent protéger leurs marchés internes. Nos pratiques requièrent des politiques
de gestion de l’offre afin d’assurer la disponibilité des aliments et de garantir des revenus décents
et des prix justes. »
Le démantèlement de la gestion de l’offre, tel que le propose le Conference Board, mettrait à
risque notre important secteur économique, qui génère 60 000 emplois au Québec et entraîne des
retombées de 3,60 milliards de dollars pour l’économie. Cela obligerait les contribuables à
débourser des milliards de dollars en subventions pour compenser ces pertes, en pleine crise
économique, sans garantie que les consommateurs seraient avantagés par les prix au détail des
produits laitiers. Tout cela au nom d’une idéologie néolibérale qui, non seulement n’a pas fait ses
preuves, mais nous a plutôt conduit aux crises économique et alimentaire actuelles.
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Pour davantage d’information sur le sujet :
http://www.go5quebec.ca/fr/pdf/Etudes_de_DMG_2008_04_04.pdf
http://www.go5quebec.ca/fr/pdf/Statistiques_etudes_cas_australien_2008_04_04.pdf
http://eca.europa.eu/portal/pls/portal/docs/1/3110292.PDF
| Source : |
Information : |
Jean Vigneault
Directeur, Communications et vie syndicale |
François Dumontier
Conseiller, Relations publiques et gouvernementales
Téléphone : 450 679-0530, poste 8704
Cellulaire : 514 713-0530
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