L'agriculture et l'OMC  —  Les enjeux

MISE EN CONTEXTE

En novembre 2001, au Qatar, les pays membres de l’Organisation mondiale du commerce ont lancé le cycle de négociations de Doha, dont l'agriculture constitue un des principaux enjeux. Ce cycle devait initialement se conclure le 1er janvier 2005 mais les négociations se poursuivent toujours. L’OMC regroupe aujourd’hui 150 pays membres.
  • l’accès aux marchés,
  • les subventions à l’exportation,
  • le soutien interne.

L'objectif avoué de ces négociations est d’éliminer tous les obstacles au commerce. L'OMC veut faire de l'agriculture un secteur économique comme les autres, ce qui la soumettra aux effets néfastes d'une libéralisation à tous crins.

Cela n’a aucun sens lorsqu’on sait que plus de 90 % de la production agricole est consommée dans les pays où elle est produite. Cette démarche est dictée par les principaux pays exportateurs, l’Union européenne et les États-Unis en tête, qui cherchent à écouler leurs surplus de production tout en continuant à soutenir leur agriculture par de généreuses subventions. Leurs propositions ne feraient qu’aggraver une situation qui se détériore depuis 1994, année de l’inclusion de l’agriculture dans les ententes de l’OMC. Leur objectif est clair : protéger l’accès à leurs propres marchés tout en obtenant l’accès aux marchés des autres.

LES ENJEUX POUR NOS PRODUCTIONS DE LAIT, DE VOLAILLES ET D'ŒUFS

Les producteurs québécois et canadiens de lait, de poulets, de dindons, d’œufs de consommation et d’œufs d’incubation pratiquent depuis plus de trente ans la gestion de l’offre. Ce modèle agricole leur permet de planifier leur production et de vivre du marché intérieur, sans subventions. Le gouvernement canadien s’est engagé à contrôler les importations des produits laitiers et avicoles afin de permettre une gestion de l’offre efficace. Sans cette protection des frontières, les producteurs ne pourraient résister aux importations largement subventionnées. Les tarifs douaniers et les contingents tarifaires permettent de contrôler l'entrée au Canada des produits fortement subventionnés. Ces contrôles sont notre seul moyen d'assurer l'avenir de notre agriculture.

Les énormes subventions accordées par de grandes puissances économiques comme les États-Unis et l'Union européenne permettent à ces pays d'exporter leurs produits agricoles à bas prix un peu partout sur la planète. Ils peuvent ainsi maintenir leur production agricole en dépit des baisses de tarifs douaniers.

Malgré leurs engagements répétés en faveur de l'élimination des subventions, ces pays continuent de subventionner lourdement leur agriculture. Selon une étude de M. Peter Clark, spécialiste en commerce international, les producteurs laitiers américains ont bénéficié, en 2003, d'aides totalisant 14 milliards de dollars, ce qui représentait 40 % de leur revenu ou plus de 25 ¢le litre. Ensemble, l'Union européenne et les États-Unis versent plus de 100 milliards de dollars en subventions à leurs producteurs agricoles.

L'engagement récent des États-Unis et de l'Union européenne à diminuer leurs subventions agricoles ne permettra pas de résoudre ce problème. Selon les propositions actuellement sur la table, ces pays pourront, dans les faits, maintenir leur soutien financier à leurs producteurs agricoles à leur niveau actuel.

LES PRODUCTIONS SOUS GESTION DE L'OFFRE DOIVENT ÊTRE RECONNUES COMME PRODUITS SENSIBLES.

La disposition de l'accord-cadre signé en juillet 2004 concernant les produits sensibles offre au Canada la marge de manœuvre pour préserver la gestion de l'offre. Cependant, le Canada devra négocier de façon très serrée car certains blocs de pays tentent de réduire de beaucoup la portée de cette mesure d'exception.

L'OMC doit permettre à nos productions de lait, de volailles et d'œufs de se soustraire de la baisse des tarifs douaniers en les reconnaissant comme des «  produits sensibles ». Cela permettra au Canada de maintenir en place des remparts contre les produits subventionnés étrangers.

LES IMPACTS DES NÉGOCIATIONS DE L'OMC CHEZ NOUS

L'ouverture des marchés par la réduction des tarifs douaniers de même que l'impossibilité de protéger les fondements de la gestion de l'offre mettraient en péril l'avenir de nos productions de lait, de volailles et d'œufs, et des familles qui en vivent.

Cela entraînerait des conséquences sociales et économiques pour l'ensemble de la société :

  • remplacement graduel de notre production agricole par des produits importés, mettant ainsi en péril l'autosuffisance alimentaire du Québec et du Canada;
  • dépendance accrue des consommateurs d'ici envers les produits importés et problèmes d'approvisionnement qui pourraient en découler;
  • diminution de notre capacité à contrôler la qualité et la quantité des produits importés;
  • transport des aliments sur de plus longues distances amenant des impacts négatifs pour l'environnement et la qualité des produits;
  • faillite de fermes et perte d'emplois directs et indirects dans les différentes régions;
  • concentration et industrialisation de l'agriculture et disparition des petites fermes;
  • impacts économiques sur les autres maillons de la chaîne agroalimentaire (transformateurs, distributeurs, fournisseurs d'intrants et de services);
  • apport massif de fonds publics nécessaires pour maintenir et compenser les secteurs touchés.

LA POSITION DE LA COALITION GO5

Environ 10 % de la production agricole mondiale est commercialisée à l'échelle internationale alors que les autres 90 % sont destinés au marché domestique. Il est légitime que l'OMC travaille à régir le commerce mondial mais il n'est pas nécessaire de bouleverser les politiques agricoles des pays membres au profit de ces maigres 10 %.

L'OMC doit respecter le droit des États souverains de conserver, d'adopter et de mettre en œuvre les politiques agricoles qu'ils jugent appropriées dans la mesure où celles-ci, comme la gestion de l'offre, ne causent pas de distorsion dans le commerce international.

Par ailleurs, dans les secteurs sous gestion de l'offre, le Canada offre déjà un accès à son marché supérieur aux 5 % requis par l'OMC. Certains pays, qui se présentent comme libre-échangistes, n'offrent même pas ces 5 % d'accès qu'ils s'étaient pourtant engagés à donner au cours du précédent cycle de négociations.

Le Canada a déjà fait ses devoirs en adaptant sa politique agricole aux règles internationales. Ainsi, le gouvernement canadien doit défendre avec vigueur la gestion de l'offre à l'OMC et s'assurer de son maintien intégral à l'issue des négociations en cours.

Pour ce faire, le gouvernement du Canada doit:

  • faire reconnaître les productions sous gestion de l'offre comme produits sensibles
  • préserver sa capacité à :
    • contrôler efficacement les importations;
    • administrer une politique de prix permettant de couvrir les coûts de production.

SOMMAIRE DES POSITIONS DES PRODUCTEURS DE LAIT, DE VOLAILLES ET D’ŒUFS

Tarifs douaniers
Les producteurs préconisent le maintien des tarifs hors quota au moins à leurs niveaux actuels. Des tarifs efficaces sont le seul moyen de contrôler les importations et de permettre l’ajustement de la production à la demande des consommateurs.

L’ACCÈS AUX MARCHÉS

Contingents tarifaires
Les producteurs préconisent un accès réel et transparent aux marchés qui équivaut à un minimum de 5 % de la consommation interne, tel qu’entendu entre les pays lors du cycle d’Uruguay. Si tous les pays respectaient cet engagement, cela permettrait d’augmenter de 80 % en moyenne le volume de produits agricoles et alimentaires qui pourrait se transiger dans le monde sans réel obstacle.

Subventions à l’exportation
Les producteurs souhaitent l’élimination de toutes les subventions à l’exportation financées par les pouvoirs publics.

Soutien interne
Les producteurs préconisent une modification des critères de la catégorie verte de manière à ce que l’OMC reconnaisse que les mécanismes collectifs de négociation de prix qui ne comportent pas de transferts de fonds publics, tels que ceux pratiqués dans le cadre de la gestion de l’offre, sont légitimes et ne produisent pas de distorsion sur le commerce.

POSITION DÉTAILLÉE

  • L’ACCÈS AUX MARCHÉS
  • LES SUBVENTIONS À L’EXPORTATION
  • LE SOUTIEN INTERNE

L’ACCÈS AUX MARCHÉS

• LES TARIFS DOUANIERS

À QUOI SERVENT LES TARIFS ?
Les tarifs hors quota sont des droits destinés à prévenir les importations audelà d’un niveau prédéterminé. En connaissant le niveau des importations, les producteurs canadiens peuvent répondre au plus clair de la demande canadienne de produits laitiers, de volailles et d’œufs, sans créer de surplus. Cet ajustement de l’offre à la demande constitue le fondement du système de la gestion de l’offre. Son maintien n’est possible que par un contrôle des importations, notamment via l’imposition de tarifs.

LES TARIFS SONT-ILS EFFICACES COMME OUTIL DE CONTRÔLE DES IMPORTATIONS ?
L’efficacité des tarifs varie, entre autres, selon la vigueur du dollar canadien, la dévaluation des devises étrangères et les fluctuations des prix mondiaux des produits. Depuis 1998, le dollar canadien a gagné 15 % sur le dollar américain, ce qui réduit l’efficacité de nos tarifs. De même, le real brésilien a perdu 64 % de sa valeur par rapport au dollar canadien de janvier 1998 à octobre 2003. Un tarif hors quota qui perd de son efficacité, même pour une période limitée, risque de compromettre tout le système de gestion de l’offre.

QUELLES SERAIENT LES CONSÉQUENCES D’UNE DIMINUTION DES TARIFS SUR LA PRODUCTION CANADIENNE?
Les tarifs hors quota représentent la seule défense des producteurs canadiens contre les subventions étrangères. Les producteurs aux États-Unis et en Europe, grâce aux énormes subventions qui leur sont versées, peuvent exporter à des prix inférieurs à ceux qu’ils devraient normalement toucher pour couvrir leurs coûts d’exploitation. La diminution des tarifs permettrait à ces produits de s’approprier une grande part de notre marché.

À leurs niveaux actuels, les tarifs hors quota réussissent à peine à protéger le marché canadien. Par exemple, les importations de beurre pourraient inonder le marché canadien.

Au printemps 2002, le niveau des tarifs horsquota était à peines suffisant lorsque le prix mondial du beurre a chuté brusquement. Avec une réduction de 15 %, les tarifs n’auraient pas été efficaces.


La diminution des tarifs affaiblirait le pilier de contrôle des importations, empêcherait la planification efficiente de la production et diminuerait également la capacité des producteurs à toucher un prix décent.

POSITION DES PRODUCTEURS DE LAIT, DE VOLAILLES ET D’ŒUFS
Les producteurs préconisent le maintien des tarifs hors quota au moins à leurs niveaux actuels. Des tarifs efficaces sont le seul moyen de contrôler les importations et de permettre l’ajustement de la production à la demande des consommateurs.

• LES CONTINGENTS TARIFAIRES

QU’EST-CE QUE LES CONTINGENTS TARIFAIRES ? (quantité d’importation permise)
Les contingents tarifaires représentent la proportion du marché interne d’un pays pouvant être occupée par des importations, sans être assujettie à des tarifs spéciaux.

COMMENT CES CONTINGENTS TARIFAIRES SONT-ILS APPLIQUÉS ACTUELLEMENT?
Dans le cadre du cycle d’Uruguay, les pays se sont mis d’accord sur des lignes directrices offrant un accès minimum aux marchés qui équivaut à 5 % de la consommation interne.

Cependant, les pays n’ont pas tous appliqué cette ligne directrice de la même façon, ce qui a donné lieu à des niveaux d’accès différents, nettement en dessous de 5 %. En effet, l’accès réel moyen offert via les contingents tarifaires est plus près de 2 %. Cette situation a mis en lumière la nécessité d’une approche basée sur des règles et non sur des lignes directrices.

Au Canada, l’accès aux marchés des produits sous gestion de l’offre est plus large que l’accès accordé dans de nombreux autres pays pour n’importe quel secteur. Par exemple, le Canada importe environ 4 % du marché des produits laitiers et plus de 7,5 % de celui de la volaille, alors que les États-Unis ne donnent qu’un accès de 2,75 % pour les produits laitiers et l’Europe qu’un mince 0,5 % pour la volaille.

QUELS SERAIENT LES BÉNÉFICES D’UNE POLITIQUE OFFRANT UN ACCÈS MINIMUM DE 5 % AUX MARCHÉS ?
Une étude réalisée par les offices nationaux de production sous gestion de l’offre montre que, si tous les pays respectaient une politique de 5 % d’accès minimum, cela permettrait d’augmenter de 80 % en moyenne le volume de produits agricoles et alimentaires qui pourrait se transiger dans le monde sans réel obstacle.

Il serait inapproprié d’augmenter davantage le niveau d’accès, d’abord parce que plusieurs pays ne se sont même pas encore conformés à l’engagement du 5 %, et ensuite parce que de nombreux produits réussissent déjà à déjouer les contingents tarifaires actuels.

Les organisations nationales de producteurs de lait, de volailles et d’œufs ont analysé les incidences d’une politique offrant un accès minimum de 5 % aux marchés, en fonction du niveau de consommation de 1995-1997, soit la plus récente période de référence pour laquelle il y a de l’information disponible. (L’OMC utilise actuellement la période 1986-1988.) L’étude montre clairement qu’étendre l’accès à 5 % amène une augmentation de l’accès pour divers produits agricoles.

Augmentation du commerce mondial de certains produits à la suite d’un engagement d’accès réel de 5 % (basé sur la consommation de 1995-1997)
Produit Augmentation
Beurre 20,7 %
Fromage 77,5 %
Porc 114,4 %
Volaille 152,1 %
Œufs 50,2 %
Bœuf 91,6 %
Source : Study conducted by the national organizations of the five Canadian commodities under supply management.
Source : Study conducted by the national organizations of the five Canadian commodities under supply management.

L’accès aux marchés par les contingents tarifaires est un moyen efficace pour favoriser les échanges, tout en permettant aux pays de maintenir des programmes tel que la gestion de l’offre.

POSITION DES PRODUCTEURS DE LAIT, DE VOLAILLES ET D’ŒUFS
Les producteurs préconisent un accès réel et transparent aux marchés qui équivaut à 5 % de la consommation interne par produit, tel qu’entendu entre les pays lors du cycle d’Uruguay. Ils souhaitent aussi l’utilisation d’une période de référence plus récente (la période utilisée présentement par l’OMC est 1986-1988).

• LES SUBVENTIONS À L’EXPORTATION

QU’EST-CE QUE LES SUBVENTIONS À L’EXPORTATION ?
Les subventions à l’exportation constituent des versements de subventions directes ou en nature (par exemple l’aide alimentaire) qui ont pour effet d’abaisser le prix des produits sur le marché mondial.

Il est reconnu à l’échelle internationale que les subventions à l’exportation financées par les pouvoirs publics représentent la pratique ayant le plus grand effet de distorsion du commerce.

QUELS SONT LES IMPACTS DE CES SUBVENTIONS À L’EXPORTATION ?
Les subventions à l’exportation perturbent les marchés mondiaux en provoquant un abaissement artificiel des prix. Ouvrir les frontières aux produits subventionnés par les autres pays signifierait l’arrêt de mort de nos productions, qui, elles, ne sont pas subventionnées. Les gouvernements canadien et québécois n’ont pas les moyens de rivaliser avec les trésors publics des États-Unis et de l’Union européenne.

Les pays en développement sont les premiers à être victimes des subventions à l’exportation. Les agriculteurs de ces pays sont incapables d’offrir des produits pouvant rivaliser avec des produits d’exportation subventionnés.

POSITION DES PRODUCTEURS DE LAIT, DE VOLAILLES ET D’ŒUFS
Les producteurs souhaitent l’élimination de toutes les subventions à l’exportation financées par les pouvoirs publics.

• LE SOUTIEN INTERNE

QU’EST-CE QUE LE SOUTIEN INTERNE?

Le soutien qu’un pays accorde aux secteurs agricoles et qui n’est pas lié à l’exportation des produits est dit soutien interne.

Il existe différentes catégories de soutien, soit :

catégorie verte : le soutien qui n’est soumis à aucune limitation, notamment parce qu’il n’aurait aucune incidence sur le commerce.

catégorie orange : le soutien qui est permis par l’OMC, mais dans certaines limites seulement, parce qu’il aurait un effet de distorsion sur le commerce ou sur la production. Le niveau de soutien orange qu’accorde un pays est calculé pour l’ensemble de son agriculture et s’appelle mesure globale de soutien.

catégorie bleue : les paiements directs qui entreraient normalement dans la catégorie orange mais qui obligent les agriculteurs à limiter la production sont dits « bleus ». Présentement, l’Union européenne est le plus important membre de l’OMC à utiliser le soutien de la catégorie bleue.

LES MÉCANISMES DE PRIX
Les mécanismes de prix dans le cadre de la gestion de l’offre donnent aux producteurs le pouvoir de négocier collectivement de justes prix avec les transformateurs.

COMMENT LES MÉCANISMES DE PRIX SONT-ILS TRAITÉS ACTUELLEMENT À L’OMC ?
Selon les règles actuelles de l’OMC, tous les types de mécanismes de soutien interne non compris dans les catégories verte ou bleue, ce qui est le cas des mécanismes de prix, doivent être inclus par défaut dans la catégorie orange, qui est considérée comme un soutien à effet de distorsion sur le commerce et qui est donc sujet à réduction.

QUELS SONT LES AVANTAGES DES MÉCANISMES COLLECTIFS DE PRIX ?
Dans un marché de plus en plus concentré caractérisé par un nombre limité de transformateurs et de détaillants puissants, la gestion de l’offre et ses mécanismes de prix donnent aux nombreux producteurs de lait, de volailles et d’œufs, un certain pouvoir sur le marché.

Par exemple, dans l’industrie laitière québécoise, il y a trois transformateurs qui achètent 80 % de la production des 7 300 fermes laitières. Les mécanismes collectifs de prix donnent aux producteurs la capacité de toucher une plus juste part du dollar du consommateur.

Les mécanismes de prix et les activités des associations de producteurs peuvent être comparés à la négociation de conventions collectives de travail ou à la réglementation provinciale sur le salaire minimum. Les trois s’appuient sur le soutien législatif des pouvoirs publics, mais sans qu’il y ait versement de subventions. Il est légitime que les agriculteurs aient les mêmes droits que les travailleurs d’autres secteurs.

POSITION DES PRODUCTEURS DE LAIT, DE VOLAILLES ET D’ŒUFS
Les producteurs préconisent une modification des critères de la catégorie verte de manière à ce que l’OMC reconnaisse que les mécanismes collectifs de négociation de prix qui ne comportent pas de transferts de fonds publics, tels que ceux pratiqués dans le cadre de la gestion de l’offre, sont légitimes et ne produisent pas de distorsion sur le commerce.